LE SENEGAL PAR LES DEUX BOUTS DE LA LORGNETTE

Paysages variés du Sénégal

Le grand atlantique sur la route de Saint Louis
La large plage sur le grand atlantique - partie nord du Sénégal
Les rochers de Dakar
Les rochers à Dakar
Les rizières de la Casamance
Les rizières de la Casamance
Sur la route du siné saloum
Les pistes en latérite du siné saloum
La route en pierre de Kédougou
L'eau omniprésente à Kédougou
La verdure de Tambacounda
La végétation luxuriante à Tambacounda


Les salutations à la sénégalaise : une tradition et une sacrée réputation !


Au sénégal, les salutations paraissent souvent interminables et comme on y comprend rien, on pense qu'on nous demande 15 fois la même chose... Elles sont assez longues, c'est vrai, mais procèdent d'une vraie tradition. Essayons de voir plus loin :
Salam aleikum pour commencer, ça va, répondre maleikum salam.
Namounala (tu m'a manqué, même si on c'est vu il y a deux jours) ; répondre malarao (toi aussi)
Getna lagis (ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus)
Loubess ? (quoi de neuf ?) Dara bessoul (rien de neuf ! ne pas chercher autre chose, on s'en moque !)
Naka afeiri (et les affaires ?)
Naka keur gui ? (et la maison ?) mingui fi (ils sont là)
Naka khaleyi ? (et les enfants ?) mingui fi (ils sont là)

Naka liggeyi ? (et le travail ?) ni rek (rien à dire)
et de nombreuses autres (je n'ai pas la prétention de tout savoir non plus !
Passés ces différentes phrases invariables, auxquelles vous aurez répondu de manière mécanique, rapidement si vous ne voulez pas y passer la journée, la véritable conversation peut commencer.


Manger à la sénégalaise ?







Au sénégal, on mange traditionnellement par terre, assis à même le sol (je vous passerai sur la posture typique des hommes et celle des femmes, quasiment impossible à exécuter sans de longues années de pratique !!), sol donc sur lequel on a mis une natte en plastique, ou alors on est assis sur un petit banc bas (c'est quand même plus pratique pour nous autres européens) ; le plat commun est posé au milieu du cercle (on l'appelle le BOL) et on mange avec la main droite, s'il vous plait, avec la main lavée ou avec une cuillère à soupe, et devant soi, et pas dans le quartier du voisin d'en face !!! S'il y a des arêtes dans le poisson ou des déchets de tous genres, contrairement à la France où on met bien soigneusement sur le bord de son assiette, au Sénégal on met par terre, sur la natte ! sinon, on salit le plat ! ceci est très déroutant pour, mais il faut s'y faire, et si on y réfléchit... Le plat traditionnel du midi est le tiep bou dieun (riz au poisson) mais il y de nombreux plats typiques comme le mafé à base de viande de zébu et de sauce de pâte d'arachide ou le yassa poisson ou poulet (grillés au feu de bois) avec une sauce oignons et citron (mon préféré !). On boit quand on a fini, de l'eau... ou si il y a des invités, du Coca ou du Fanta... c'est le dessert ! la petite note sucrée pour finir... on aura le thé à la menthe ensuite, ou les trois thès en fait, qui durent de 1 à 4 heures (profitez-en pour essayer ! La mousse est particulièrement pénible à obtenir pour un débutant !!!) Bon appêtit !


Inch'allah !
Au Sénégal, la plupart des phrases se terminent pas "inch'allah !": " on fera ça demain, Inch'allah !" " j'irai voir ma mère, inch'allah !". On reproche souvent aux sénégalais à cause de cela un fatalisme péjoratif, qui leur éviterait de s'engager, d'être ponctuels, d'être prévoyants même ... Mais inch'allah ! signifie "que Dieu le veuille" et non "Si Dieu le veut" comme disent les chrétiens... alors pourquoi ne repproche-t-on pas aux chrétiens ce fatalisme ? Prenons cette expression "inch'allah !" comme un porte chance pour les évenements de la vie à venir... C'est aussi une manière de se consoler par avance des drames de l'existence, nombreux dans des pays où tout manque et où on ne maîtrise rien...



Les marabouts ou "sérignes"
Les Quatre principales confréries musulmanes actives du Sénégal opèrent également dans de nombreux autres pays d'Afrique et de pays musulmans.

La confrérie de Xaadir (Qadiriyya), la plus ancienne, originalement fondé par le mystiquesoufi Abd al Qadir al-Jilani au XIIe siècle, aujourd'hui pan-Islamique, atteint le Sénégal au cours du XVIIIe siècle.
La Tijaniyya ou confrérie Tidjane, est la confrérie la plus répandue, fondée à Fès, au Maroc le marabout Al-Tijaniyya, né en Algérie.
La confrérie des Mourides, La plus riche et la plus active, fondée par le marabout CheikAhmadou Bamba
La confrèrie des Layènes est une communauté musulmane, située Yoff, au nord de Dakar, suivant le guide Seydina Limamou Laye le fondateur de cette communauté.
En Afrique subsaharienne, les marabouts sont des personnages à qui l'on prête des pouvoirs multiples. Ils rétablissent la santé ou l'ordre social à l'aide de talismans. Ces pratiques magiques sont critiquées par les musulmans orthodoxes, mais n'ont jamais cessé d'exister jusqu'à ce jour. Les marabouts sont aussi, de leur vivant, considérés comme sages, car ayant étudié au cours de leur retraite les divers aspects de l'islam. Ils agissent souvent comme conseil des villageois. Leur vie à l'écart du reste des personnes est censé leur donner le recul nécessaire ainsi que le détachement qui leur permet d'obtenir une grande autorité morale.
Ils ne demandent en général pas de salaire pour leurs actions, mais l'obligation morale tacite est de pourvoir à leur besoins, qui, dans la mesure où ils sont ascètes, se réduisent à la nourriture et à la boisson, ainsi qu'au vêtement. Ils s'interdisent de demander un salaire car c'est ainsi que Mahomet, prophète de l'islam et modèle de vie pour les musulmans sunnites, décrit la personne qui cherche à rencontrer Dieu : les prophètes, ainsi que ceux qui veulent s'inspirer de leurs vies, ne s'intéressent pas aux choses de ce monde mais accordent une importance particulière a la recherche de la vérité sur l'au-delà.

Dans les confréries du Sénégal, les marabouts sont organisés en hiérarchies élaborées. Le marabout le plus élevé de la confrérie des Mourides est ainsi élevé au rang de calife et dispose de pouvoir étendu mais jouit aussi d'un prestige de saint vivant et d'une vénération peu orthodoxe en islam.

Le marabout a toute une communauté d'élèves autour de lui, les talibés, à qui il enseigne le coran.


Pour en savoir plus sur les talibés... et la pauvreté
Les talibés sont des enfants qui sont envoyés au marabout par leurs parents pour qu'il leur enseigne le Coran. Souvent, au Sénégal, les enfants que l'on voit mendier dans les rues sont guinéens ou des provinces sénégalaises éloignées, dans tous les cas des régions pauvres où leurs parents ne peuvent les assumer.



Le marabout doit faire face à un nombre grandissant d'enfants depuis plusieurs décennies, à cause de la pauvreté et à l'avancée de la sécheresse d'une part, et d'autre part de l'augmentation de la population. En effet, la population au sénégal est passée de 3 millions à 12 millions en 30 ans ! il y a quelques années, les talibés travaillaient dans les champs des marabouts pour subvenir aux besoins de la communauté. Aujourd'hui, ce n'est plus possible, d'autant plus que le marabout a lui aussi une famille à nourrir. Les enfants talibés se retrouvent à mendier en ville, dans les endroits les plus peuplés, dans les environs des touristes pour grapiller du sucre, du riz ou manger sur place.


Il y a un problème à régler avec ces enfants trop nombreux, en dépassant les idées reçues des occidentaux qui savent tout faire mieux que tout les autres, et sont choqués de phénomènes dont ils ne maitrisent ni les causes ni les conséquences... et au Sénégal de nombreuses initiatives ont été prises pour y faire face...


D'une part, la création d'écoles mélant l'apprentissage scolaire et religieux ; d'autres part par les associations de femmes dans les quartiers qui prennent en charge de petits groupes d'enfants, pour les nourrir, habiller et leur permettre de se laver. Il y a aussi de nombreuses associations qui prennent en charge les soins ou encore donnent des vêtements ou proposent aux enfants un point d'accueil temporaire.


Il faut en parallèle lutter contre la pauvreté dont les talibés sont une petite émergence voyante et dérangeante au Sénégal, mais en France, ne voit-on pas des SDF ? des femmes roumaines avec des enfants mendier aux carrefours ? des français vivant sous le seuil de pauvreté dans des logis indignes ?


Sans pauvreté, pas de mendiant, c'est universel !


La vie quotidienne en Afrique est très différente de la vie en occident, tout y est inversé ! Les choses importantes ne sont pas identiques... La vie quotidienne est dure en Afrique, c'est vrai, il y a du sable, on se salit vite, on n'accorde pas d'importance à un trou dans un tee-shirt, ou une couleur approximative, on n'a pas beaucoup de vetements, surtout les enfants, et on remet après le bain les habits portés, ce qui compte c'est la propreté du corps ! Tout ça pour dire que ce qui compte pour nous n'est pas forcément ce qui compte pour une famille sénégalaise, et qui sommes-nous pour décider que NOUS avons raison ? par quelle grossièreté considère-t-on SAVOIR ?


Oui, il y a des choses à faire et on peut aider à en réaliser quelques unes, qui sont tout de même des défis pour l'avenir :


Lutter contre la déforestation qui laisse avancer le désert au Nord, repoussant les populations et le bétail qui ne peuvent plus se nourrir.


Promouvoir l'énergie solaire de proximité dans un maximum de petites structures (écoles, dispensaires, administratifs, associations)


Permettre aux populations dans les zones agricoles de créer des cultures vivrières, pour envisager l'autosufisance alimentaire qui leur permettra de garder leurs enfants avec eux ;


Informer les familles des dangers des villes pour leurs enfants ;


Pousser les familles à scolariser leurs enfants à l'école dans la journée avec l'apprentissage du Coran le soir et le samedi...


Aider les marabouts pauvres (cela existe) et désireux de faire progresser les choses à prendre en charge ces enfants...Ce n'est pas en construisant des centres d'hébergement pour les talibés que le problème sera résolu, c'est faux ! Sera seulement résolu ce qui nous choque, nous autres occidentaux, ce qui nous dérange au milieu de nos belles vacances ensoleillées, mais pas le fond du problème...